Hello,

Bientôt un an que je n'ai pas posté ici.

Le titre de ce billet aujourd'hui vous interpellera, un peu, beaucoup,ou pas du tout...vous le lirez ou  vous passerez votre chemin...

Vous pouvez vous sentir concernée  parce que vous l'avez vécue, ou qu'un proche l'a vécu ou que vous pensez peut-être que vous êtes dans une situation de stress tel que cela vous guette !

Du cogitage,de la rumination,cela fait un sacré bout de temps que je me demandais si il fallait que je partage avec vous ce que j'ai "subi" il y a 3 ans, parce que :

-OUI, le burn out, on le subit, on le vit et l'on s'en sort !!( ce qui est rassurant, n'est ce pas ?!)

Ce n'est pas un billet pour me plaindre,ou me faire plaindre.C'est juste le partage d'une maladie dont on parle beaucoup mais que l'on ne connait pas forcement bien.

Je suis le genre de personne qui s'investit à 100% dans ce qu'elle fait/entreprend :(hummm,non je ne suis pas ce genre de nana qui se lance des fleurs, c'est plutôt le contraire!)

-l'amitié ( j'ai dis STOP aux amities toxiques il y a longtemps, une véritable libération !).

-dans mes passe-temps

-le travail, peu importe les tâches ,je les accomplis du mieux que je le peux....

-je ne sais pas dire NON et c'est ce qui a causé ma perte !

Avez-vous déjà eu cette sensation que les gens attendent beaucoup de vous, parce que ,vous êtes justement cette fille toute gentille, qui accompli des semaines à n'en plus finir, et que si l'on vous demande un service: vous le rendez même si vous vous sentez "écrasée" sous le poids des tâches que vous avez à accomplir, mais en bon petit soldat ...vous continuez, vous recommencez ,encore et encore....et puis vous vous dites: je peux le faire,je ne suis plus à "ça" près...

Et puis il arrive des matins ou c'est impossible de se lever,que sortir du lit semble insurmontable,on marche au ralenti toute la journée.

Je suis devenue irritable au travail,je ne supportais plus que l'on me dise de faire ceci ou cela, parce que je savais ce que j'avais a faire,je connais mon boulot et je gère . Je rentrais le soir ,avec une seule envie,aller me coucher et oublier. Les WE étaient sans sorties, dormir était devenue une obsession,je ne voulais plus recevoir personne, car il fallait cuisiner :une véritable corvée, puis ranger etc...cela me semblait trop !!! et ça allait me bouffer" mon énergie!" le peu d'énergie qu'il me restait pour retourner travailler le lundi et "tenir" toute une semaine....parce que ,faut être réaliste, on ne se rend pas compte de l'état dans lequel on se trouve jusqu'au jour ou l'on va chez le docteur (enfin pour moi ,le second car pour le premier c'était normal d'être fatiguée à cause du travail" )en lui disant:

-"je ne comprends pas! je me couche tôt,je me repose le WE,je prends des vitamines, du fer,de la spiruline...TOUT ce qui peut m'aider à aller mieux et c'est de pire en pire!je suis fatiguée et je dors mal, je suis insomniaque alors que j'ai sommeil, que ce passe t-il ? "

La sentence est tombée: dure...implacable....

-"Mme H, vous faites un burn-out ! je suis obligé de vous mettre en arrêt maladie"

mais au final ce fut un soulagement ,d'enfin, mettre un nom sur ce qui n'allait pas depuis 3 ans...(pendant un moment j'ai pensé à la fibromyalgie, tellement mon corps était douloureux )

oui,j'ai épuisée toutes mes forces et tenue jusqu'au bout du bout comme on dit !!

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Mais un burn-out, c'est quoi au final ? c'est un épuisement ,une usure professionnelle : un épuisement émotionnel et physique  dû au poste de travail occupé...le + souvent,ce sont les personnes aidantes qui sont souvent le + touchée, ainsi que les cadres des entreprises a qui l on demande toujours plus !

Le site No burn out:restez vivant au travail: explique très bien le processus de ce syndrôme, dont je reprend ici quelques passages:

"Même s’il existe des sentiments dépressifs lors de l’épuisement professionnel et que certains symptômes peuvent faire penser à une dépression, il faut distinguer “dépression” et “burnout”. Le burnout n’est pas considéré comme une pathologie mentale au même titre que la dépression. Le burnout est une conséquence négative d’un stress chronique que la victime subit à cause de son activité professionnelle. Le sentiment de perte d’accomplissement de soi reste localisé dans le domaine professionnel et, au début de l’épuisement, n’envahit pas la vie privée de l’individu. 

 Souvent c’est après 1 ou 2 ans de résistance au stress (voire plus) que le corps “craque”. (j'étais donc dans les clous si je puis dire :D )Trop sédentaire, les tensions s’accumulent et l’on a de plus en plus de difficultés à les gérer. De plus, on dort moins bien la nuit (ou l’on se réveille sans pouvoir se rendormir) et le sommeil est moins récupérateur. Les hormones du stress secrétées en continu usent notre corps à petit feu et l’on est de plus en plus fatigué. Le burn out n’est pas une dépression (même si celle-ci peut l’accompagner) mais un phénomène physique d’usure. Un stress chronique construit le burnout. Le burnout est un phénomène long et évolutif. Il ne surgit pas soudainement après un événement aigu, on parle plutôt dans ce cas-là de stress post-traumatique.Les patients ont pratiquement tous les mêmes caractéristiques: très engagés dans leur travail, motivés, demandant peu d’aide car capables de porter une lourde charge de travail, ce sont des personnes sur qui on peut compter qui sont souvent perfectionniste ou alors plus à l’écoute du besoin des autres que de leurs propres besoins. Ce sont des personnes très appréciées dans leur milieu professionnel et ce sont des bons éléments de l’entreprise. Ils ne sont pratiquement jamais absents de leur travail."

en ce qui concerne les symptômes...."On ressent une fatigue de tension qui se manifeste surtout par une hyperactivité et un sur-engagement au travail: moins efficace, on compense par plus d’heures, plus d’inquiétude et moins de sommeil. A contrario, on se désengage de la vie privée et à la maison, on n’a souvent plus envie de rien faire, on rumine ses problèmes de travail. Ce dernier envahit complètement la vie privée et l’on se referme sur soi-même, on n’est plus disponible pour les autres et l’on n’a plus envie de parler de choses légères ou de voir ses amis. L’entourage s’en rend compte, et à la longue cela peut ajouter des tensions familiales à celles du travail:.D’autant que l’on contrôle moins ses émotions: on devient plus irritable, agressif, inquiet, susceptible et angoissé. Souvent les victimes disent “Je ne me reconnais pas. Je ne suis pas comme cela d’habitude”.

 La suite n'a pas été simple...je pensais être en arrêt au maximum 3 mois....cela a duré 2 ans 1/2. Bien évidemment,les anti-dépresseurs ont été de la partie, bien que je ne souhaitais pas en prendre. Je les ai arreté,toute seule au bout d'un an, parce que je savais que ce n'était pas bon sur le long terme, mais aussi parce que je me suis vite aperçue que mes émotions étaient totalement inhibées, et cela ne me plaisait pas du tout. Mon médecin a fait office de psy pendant un bon moment et puis ensuite il m a proposé d'aller chez un psy...moyennement emballée mais j'y suis allée...3 fois, je n'ai pas aimé,ce ne devait pas être le bon, bref j'ai laissé tombé.

Les premiers mois d'arrêt,je ne faisais que dormir, je me levais juste pour préparer à manger pour mon mari, et ensuite,honte à moi, j'étais pressée qu il reparte pour retourner me coucher toute l'aprem, je faisais un effort quand il rentrait car je savais que c'était tout aussi dur pour lui, que pour moi, de me voir dans cette état léthargique, alors que je suis quelqu un de toujours actif. J'ai beaucoup de chance de l'avoir eu auprès de moi durant cette période difficile,il a été présent pour moi ,tout le temps, il a été patient...je suis bien bénie de l'avoir à mes côtés.

J'ai eu beaucoup de mal à récuperer de cette fatigue, quand mon état émotionnel s'est un peu amélioré, j'ai à nouveau eu envie de refaire des cartes,du scrap, de la couture, mais mon corps lui, se refusait à tout effort.....durant cette période, le canapé et la TV ont été mes meilleurs amis. J'avais l'impression d'être enfermé dans mon corps, un corps complétement épuisé,qui ne me servait à rien avec un cerveau en ébulition.

Les cieux m'ont envoyé des personnes bienveillantes sur mon chemin, Annie qui m'écrivait et qui se faisait tellement de soucis,j'osais pas tout lui dire pour ne pas qu'elle s'inquiète trop. Esther ,ma voisine de l'époque, qui m'a aidé véritablement a m'en sortir en me boostant et en "m'obligeant" à faire des choses alors que je ne voulais pas me bouger, une véritable amie qui ne m'a jamais jugé, Nelly et sa maman qui étaient toujours prêtes à m'aider,à me remonter le moral,me soutenir également,leur soutien m'a été précieux. Mes chocolats chauds partagés avec Rahel et Anne-Sophie et nos moments de papotage....Oui, j'ai eu la chance d'être bien entourée,de personnes qui ne m'ont pas jugés....et puis il y a eu aussi les gens qui me regardaient et me disaient " tu es en arret maladie ? ah bon? mais tu n'as pas l'air malade!!" et "Tu compte retourner bosser quand ? parce que maintenant tu n'est plus tout le temps couchée, donc tu peux retourner bosser"...et j'en passe !

Physiquement,nous n'avons pas l'air malade, juste les traits un peu tirés donc pourquoi être en arrêt et glander...??? parce que oui, on glande...ça nous plaît apparemment. J'ai eu du mal avec ce genre de reflexions, mais j'ai appris à passer "dessus"

Comprenez bien, la personne qui subit le burn-out préfererait avoir la forme plutôt que cet état léthargique qui l'oblige à se reposer, on est là, avec des envies de faire des choses (enfin pour mon cas, mais au bout de 10-11 mois environ) et on ne peut, on aimerait avoir une vie sociable mais la moindre sortie et bavardages vous épuise.

 Pour guérir, il faut aussi "lâcher prise " :

-au niveau boulot , parce qu'au début j'étais obnubilée par les " normalement à cette heure je fais ça", les  "ah c'est l'heure de la sortie d'école", les "c'est l'heure des courses" et les "comment s'en sortent-ils sans moi ?" (certes j'étais remplaçable mais quand on est à ce stade du burn out, on est pas objectif du tout !)

 et puis il faut être patiente,très patiente avec soi même et avec les autres...parce qu'ils ne comprennent pas trop tout ce qui vous arrive !

Depuis octobre 2017, j'ai repris un travail...non je cumule trois travails pour arriver à un 80%.

Et à la rentrée,j'en aurai 3 de + puisque mon employeur principal n'a plus besoin de moi pour autant d'heures,il a donc fallu retrouver des heures. Dans un de ces travails, il y aura de la couture, et ça, c'est cool!!

Je vais aussi entamer un bilan de compétences,cela m'aidera aussi à avoir un meilleur travail car mon corps fatigue + vite depuis le burn-out,je ne ferais pas ce boulot jusqu'a 60 ans ,à moins de n'avoir vraiment aucun choix.

Toutes ces chamboulements me font un peu peur, mais il me les faut pour avancer !

et puis faut pas stagner n'est ce pas ?!

Aujourd'hui,je vais mieux, j'aimerai dire "bien", mais ce n'est pas encore le top du top tout les jours,

j'ai tendance à reprendre les mauvaises habitudes d'avant qui m'ont conduites au burn-out ,lorsque cela m'arrive,je m'arrête et me pose cette question

" tu veux que ça recommence ou quoi ?" .

Bien sur que non, je ne veux pas que cela recommence, car les rechutes peuvent arriver,je ne suis pas à l'abri.

Les vacances m'ont fait du bien,je me suis un peu requinquée,je n'ai pas fait toutes les choses que j'avais en tête :reprendre le scrap, faire + de cartes, coudre à volonté ! me poser sur ma terrasse avec un bon bouquin (Game of throne par ex!!) et avec les pioux-pioux autour....

mais j'ai presque réussi à lâcher prise et c'est pas mal.La reprise va être un peu dure, comme pour tout le monde mais le plus important c'est de profiter de tous les petits plaisirs que nous offre la vie, se réjouir des moments en famille ou amis,de sourire à la vie !!

Merci d'avoir pris le temps de m'avoir lu jusqu'au bout...

Je compte bien reprendre ce blog en main,car je fais toujours les cartes pour CarteManiak,j'ai une équipe DT formidable !!

A bientôt !

Sév.

    

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